Immeuble des années 60-70 : amiante, isolation, quelle décote ?

Par Bastien Liebgott
Temps de lecture : 4min
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Les immeubles d’après-guerre concentrent les sujets techniques. Ce qu’il faut vraiment vérifier, et pourquoi la décote n’est pas automatique.

Les points à retenir
  • Les matériaux contenant de l’amiante ont été interdits en Suisse au début des années 1990 : les bâtiments antérieurs peuvent en contenir.
  • La présence d’amiante en bon état et non friable n’implique pas de travaux immédiats, mais doit être connue avant la vente.
  • L’enveloppe énergétique est souvent le vrai sujet de ces immeubles, davantage que les matériaux.

Pourquoi cette période concentre les questions

Les immeubles construits entre la fin des années 1940 et la fin des années 1970 ont été édifiés rapidement, avec des matériaux de l’époque et avant toute exigence sérieuse en matière d’isolation thermique. Ils offrent souvent des surfaces généreuses, des plans fonctionnels et de vrais balcons, mais leur enveloppe est datée.

Cela ne signifie pas qu’ils se vendent mal : beaucoup sont très bien situés et offrent un rapport surface-prix que les constructions récentes n’atteignent pas. Ce qui compte est l’état d’avancement de leur rénovation.

L’amiante : ce qu’il faut savoir et ne pas dramatiser

L’amiante a été largement utilisé dans la construction jusqu’à son interdiction en Suisse, intervenue au début des années 1990. Un bâtiment antérieur peut donc en contenir, dans des éléments très variés : revêtements de sol et leurs colles, plaques de façade, conduites, calorifugeage, enduits, joints.

Le point essentiel, souvent mal compris : un matériau contenant de l’amiante, en bon état et non friable, ne présente pas de danger tant qu’il n’est pas travaillé. Le risque apparaît lors de perçages, de ponçages ou de démolitions. C’est pourquoi la question se pose surtout à l’occasion de travaux.

À vérifier auprès d’un diagnostiqueur qualifié : la présence effective de matériaux amiantés, leur état et les précautions à prendre. Les obligations légales en matière de diagnostic avant travaux ou avant vente varient selon les cantons et selon la nature des travaux envisagés, et relèvent notamment des règles de protection des travailleurs. Ne communiquez aucune affirmation générale sur ce sujet sans diagnostic.

Comment un diagnostic se traduit dans la vente

SituationEffet sur la venteCe que fait un vendeur avisé
Aucune information disponibleIncertitude maximale, l’acheteur provisionne largeFaire réaliser un diagnostic : le coût est connu, l’incertitude ne l’est pas
Diagnostic réalisé, aucun matériau détectéArgument de vente fortJoindre le rapport au dossier
Matériaux présents, en bon étatSujet gérable s’il est expliquéFournir le rapport et les recommandations d’usage
Matériaux dégradés ou travaux imminentsNégociation réelleObtenir des devis d’assainissement pour chiffrer plutôt que de laisser estimer

L’enveloppe énergétique : souvent le vrai sujet

Dans la pratique, ce qui pèse le plus sur la valeur de ces immeubles n’est pas l’amiante mais la performance énergétique : murs peu ou pas isolés, fenêtres d’origine ou de première génération, chauffage souvent au mazout, ponts thermiques aux balcons.

Cela se traduit par des charges élevées, un inconfort réel et, de plus en plus, par un classement énergétique défavorable qui apparaît dans le dossier de vente. Voir nos articles sur la classe CECB et sur le remplacement du chauffage.

La bonne nouvelle, c’est que ces immeubles ont un potentiel d’amélioration important, et que les programmes de soutien à la rénovation énergétique existent dans tous les cantons. Les conditions et les montants doivent être vérifiés auprès du service cantonal de l’énergie, car ils évoluent régulièrement.

Ce qui détermine le prix final

  1. L’état d’avancement de la rénovation de l’immeuble, pas son année de construction.
  2. Le niveau du fonds de rénovation de la PPE, rapporté aux travaux prévisibles.
  3. L’existence d’un plan pluriannuel de travaux voté, qui rend le futur prévisible.
  4. La qualité de la situation : un immeuble bien placé absorbe une rénovation à venir, un immeuble mal placé beaucoup moins.
  5. La transparence du dossier : c’est le facteur sur lequel le vendeur a le plus de prise.

Comment neho vous aide sur ce point

La valeur d’un immeuble d’après-guerre ne se lit pas dans un barème : cela se lit dans les transactions comparables de votre quartier. neho combine l’analyse des données de marché et le regard d’un courtier local qui connaît les immeubles, les rues et les acheteurs de votre secteur.

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Retrouvez toute la série sur les critères de valeur sur le blog neho.

Bastien Liebgott
Bastien Liebgott
Digital Manager

Passionné par l'immobilier, Bastien a rejoint Neho en 2022 après plusieurs expériences dans la création de contenu et l'expérience utilisateur. Son objectif au quotidien : rendre le site et les articles du blog aussi clairs et utiles que possible, pour que chacun y trouve des réponses concrètes à son projet immobilier.

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