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Matériaux construction : chaux, chanvre, chêne, les trois « ch » rendent votre chalet suisse choli !

By Anne Cayre, March 27, 2020

Redécouvrir les matériaux construction traditionnels, délaissés à la faveur de la Révolution industrielle, et réapprendre ou valoriser un savoir-faire artisanal perdu. Comme dans la nature, réunir dans son foyer le végétal et le minéral. Rénover en assainissant, assainir en embellissant. Quel beau programme !

La chaux

Rénovation écologique : les vertus de la chaux

Pour une rénovation écologique, certains matériaux traditionnels, encore très utilisés dans les pays pauvres, sont à réhabiliter. Parmi eux, la chaux offre un concentré de vertus à redécouvrir. Contrairement au ciment, ce matériau est perméable à la vapeur d’eau tout en étant étanche : les murs enduits de chaux respirent ! En outre, sa production est écologique puisque la chaux est issue de matières premières naturelles disponibles en abondance et renouvelables : le calcaire et l’argile. Enfin, non polluante, elle n’agresse ni l’environnement ni l’organisme humain ; tout au contraire, elle est connue depuis la nuit des temps pour être un bactéricide naturel. Si l’on ajoute qu’elle permet de réaliser de superbes finitions, elle mérite amplement la considération des candidats à la rénovation écologique.
 

Peinture écologique : badigeon décoratif à la chaux

Cette peinture écologique est aussi douce à votre budget que son toucher velouté. Préparer un enduit à la chaux ne requiert qu’un cocktail de pigments naturels bien dosé, de l’eau, un peu de sel d’alun ou de la caséine, et de la chaux aérienne. Le sel d’alun et la caséine jouent le rôle de fixateurs des pigments. Ces belles teintes naturelles, qui vont de la chaleur d’un ocre profond à l’éclat d’un jaune soleil en passant par toute une gamme de vert doux et d’ivoire, ne s’altèrent pas sous l’effet des UV. Certains villages méditerranéens emploient toujours avec bonheur cette peinture écologique sur leurs murs extérieurs : on en trouve de superbes en Grèce, en Italie et en Espagne. En Suisse, avant l’avènement du ciment au début du 20e siècle, le crépi à la chaux grasse constituait la protection traditionnelle des murs en pierre.

 

Le chanvre

Construction écologique : le retour en force du chanvre

De moins en moins dévalorisé d’un point de vue industriel, le chanvre s’impose comme matériau de construction écologique par excellence. D’abord par son mode de culture car cette plante annuelle demande peu de soins : l’apport d’engrais n’est pas nécessaire, elle est peu gourmande en eau et tous les ennemis du jardinier, à l’exception des gastéropodes, sont naturellement tenus à distance. Historiquement, elle poussait dans nos régions.

Si le chanvre est utilisé depuis des siècles dans la filière textile, son potentiel pour la construction écologique n’est reconnu en Europe que depuis les années 80. En le mélangeant à de la chaux et à du plâtre, l’on obtient un cocktail végétal/minéral très apprécié, qui porte le nom évocateur de « béton naturel ». Ce béton écologique s’emploie pour l’isolation phonique et thermique des murs, des cloisons et des faux-plafonds. Il présente l’avantage de réguler l’hygrométrie des pièces en absorbant l’humidité excessive et en la restituant par temps sec. Il résiste très bien au feu, aux termites et aux  rongeurs.

 

Le bois

Construction en bois : les panneaux menuisés en soubassement

Jadis, les boiseries murales intérieures avaient une double fonction décorative et utilitaire : elles assainissaient les soubassements humides tout en les habillant joliment. Cette construction en bois, qui enjolive et protège le bas du mur, permet de jouer sur les contrastes de matières, de reliefs et de couleurs.

Dans la chambre

En tête de lit, les panneaux moulurés viennent en avancée du mur, offrant ainsi, outre l’intérêt esthétique, une longue tablette de rangement pour vos livres et lampes de chevet.

Dans le couloir

Vous verriez bien cette charmante vieille demeure abriter vos escapades champêtres mais l’humidité remontante lézarde les bas de mur du couloir ? L’habillage en lambris du soubassement camouflera élégamment ces fissures. Le temps d’une rénovation intelligente, le couloir se sera fait antichambre. Ajoutez deux petits fauteuils crapauds, et le confort douillet s’exprime dès l’entrée !

Dans le salon

Des caissons muraux peu profonds cachent derrière leurs portes invisibles des étagères de rangement intérieur tandis que le plateau supérieur met en valeur vos cadres, pots de fleurs et bougeoirs.

Dans la salle de bain

La seule contrainte : choisir une essence de bois qui résistera à l’humidité. Le teck dans ce domaine est le nec plus ultra mais c’est une essence exotique chère. Dans cette catégorie de bois exotiques naturellement imputrescibles, le merbau, l’iké ou l’iroko constituent des alternatives moins coûteuses. Issus de nos forêts européennes, les bois de hêtre, chêne, pin, châtaigner, charme et acacia sont tout aussi adaptés au parement boisé des pièces humides. Cependant, toutes ces essences doivent subir un traitement adéquat pour résister à l’humidité.

 

Et la hauteur ?

Dans les vieux intérieurs classiques et autres demeures haussmanniennes, la hauteur habituelle d’un habillage de soubassement ne dépasse pas un tiers de la hauteur totale du mur. Mais tout est possible, y compris une inversion des proportions. Fiez-vous à votre sens esthétique ou faites appel à un professionnel de la décoration intérieure !


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